jeudi 24 mai 2012

Moonrise Kingdom, un film à la saveur d'antan


On en a tellement entendu parler, ici sur les blogs, à la télé avec le festival de Cannes, dans les journaux qui unanimement le plaçaient grand favori des sorties du mois de mai qu’alors même que la bande annonce me laissait plutôt circonspecte, j’ai été au cinéma dans l’espoir de découvrir ce qui avait tant enchanté de si nombreux spectateurs.


Wes Anderson, le réalisateur, fait le pari audacieux d’arriver à mener chacun dans l’univers qu’il a créé pour ses personnages, un univers de boyscouts, de tourne-disques, de fanions et de camps de vacances. « Le générique » sur lequel s’ouvre le film comme on entrebâillerait légèrement une lucarne donnant sur un monde en marge, nous plonge dans un décor savamment pensé, une atmosphère réglée au millimètre où chaque détail a été imaginé pour servir l’histoire que l’on s’apprête à nous raconter. Il nous laisse ainsi prendre doucement place au coin du feu, jouant avec la tradition des soirées de veille où les enfants s’endormaient au rythme des aventures qu’on leur contait. Comme les protagonistes petit format se laisseront captiver au cœur même du film par les séances de lecture nocturne, c’est une salle entière qui s’assied pour découvrir un jeu de pistes grandeur nature qui unira sur une petite île au large de la Nouvelle Angleterre Suzy et Sam, des enfants débrouillards loin d’avoir froid aux yeux.


Guidés par un vieil homme aux allures de père Noël décalé, gardien des savoirs des petites îles de la côte, écho aux prologues des pièces antiques, c’est avec la disparition des deux aventuriers que débute l’aventure d’1h30.



















Si j’ai tout de suite été captivée par l’univers décalé avec revue sérieuse des troupes dont la moyenne d’âge ne doit pas dépasser neuf ans et demi sur fond de musique militaire, j’avais beaucoup de mal à voir, au début du film, comment le réalisateur pourrait en faire plus qu’une mission sauvetage pour enfants pré-pubères en fugue. La question qui me taraudait alors était : « c’est bien sympathique, mais aurais-je envie de revoir ce film ? », mais plus encore : « Prendrais-je plaisir à revoir ce film ? ». En sortant de la séance, j’avais trouvé ma réponse : oui, sans hésiter. S’il nous laisse dans le brouillard quant à la destination finale, Wes Anderson n’en perd pas pour autant le nord. Il sait où et comment il mène sa barque pour nous offrir une histoire avec ce qu’il faut d’humour, de péripéties, d’amour et d’aventure que l’on peut apprécier quel que soit notre âge.


Dans ce qui pourrait s’apparenter à une satire en bonne et due forme des colonies de vacances, c’est le décalage entretenu à dessein qui donne à l’histoire tout son piquant et son attrait. L’utilisation à contre emploi des acteurs est proprement hilarante. Le réalisateur a su tirer le meilleur profit de chacun d’entre eux pour qui il semble avoir taillé des costumes sur mesure. Bruce Willis reste l’exemple le plus marquant de ces pieds de nez fait aux rôles dans lesquels on a l’habitude voir chacun s’épanouir. Ainsi, apparaît-il en célibataire endurci, à côté de la plaque la plupart du temps, et bien qu’il ne quitte pas l’uniforme de police qu’on lui connaît si bien, on est très loin du kamikaze qui explose des hélicoptères avec une voiture… Dans le monde créé pour Moonrise Kingdom, les enfants ingénieux, habiles et déterminés coiffent au poteau les adultes dépassés, un joli retournement de situation qui enchantera les plus petits spectateurs et amusera les plus grands.

Un parfait moment de divertissement donc, à partager en famille, par ces beaux après-midi pluvieux de mai.


Bon week-end à tous !

mercredi 23 mai 2012

Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran…

… la nouvelle d’Eric-Emmanuel Schmitt interprétée sur scène par Francis Lalanne. Non, vous qui ne comptez pas parmi les fans d’un de nos grands chanteurs de guimauve français, ne partez pas en courant. Mettez un mouchoir sur vos aprioris, oubliez ses grands moments de mièvrerie guitare acoustique à la clé et approchez… vous serez (très) étonnés.


Mais parlons un peu du texte… : Paris, années 60, le jeune Moïse vit, seul avec son père avocat, une morne existence faite de remontrances, d’école et… de repas à préparer. C’est au hasard de ces commissions de première nécessité que le jeune garçon rencontre Monsieur Ibrahim, tenancier de la petite épicerie de la rue Bleue. Aux échanges laconiques bien qu’incisifs des premières entrevues où chacun jauge l’autre vont bientôt succéder une sincère complicité et une franche amitié entre le vieil homme et son tout jeune élève à l’école de la vie.

Eric-Emmanuel Schmitt signe ici l’un de ses plus grands best-seller et pourtant… aucun des ingrédients qui font « bien vendre » ne sont au rendez-vous. Pas de romance impossible, de sauvetages rocambolesques, de burlesque improbable, simplement une rencontre se jouant du fossé que l’on croit trop souvent creusé entre les âges. « Une main tendue » à travers le mur que représente bien souvent le monde des adultes pour les plus jeunes d’entre nous et beaucoup d’humour pour traiter de sujets qui sont pourtant bien loin d’être légers. Les messages transparaissent dans la trame tissée par un style sans faille qui laisse s’écouler les lignes avec une apparente facilitée doublée d'un naturel déconcertant. Toutes les nouvelles d’Eric-Emmanuel Schmitt me font cet effet-là, celui d’une « plume fontaine » qui, une fois le robinet ouvert, laisserait couler sur les pages, parcimonieusement, sans accrocs et sans à-coups, la magie de l’histoire qu’elle conte à ses lecteurs.


Mais qu'en est-il alors de l'adaptation ? En effet, l’enjeu était de taille : il fallait donner corps à ce qui avait touché des millions de lecteurs à travers le monde tout en préservant l’humour qui affleure, les bons mots qui fleurissent et la profondeur de ce qui, de surcroit, n’avait pas été écrit pour le théâtre. Et j’ai été bluffée. J’ai découvert un Francis Lalanne incroyablement juste, profond et touchant. Poignant. Son jeu apprivoise postures et intonations qui bientôt donnent vie à tous les protagonistes de la nouvelle que l’acteur campe seul sur scène. Etonnant de sincérité, il n’accentue pas le trait, il vit la pièce. Tout simplement.

Ceci est un véritable coup de cœur, précipitez-vous, réservez vos places !
Théâtre Rive Gauche
6 rue de la Gaîté
Métro Edgar Quinet (6), Montparnasse Bienvenue (4,6,12), Gaîté
Profitez-en, jusqu'au 1 juillet, le prix des places est compris entre 24 et 26€...


Et pour tous ceux qui n’habitent pas Paris, pas de panique : il vous reste la version papier à découvrir !
Eric-Emmanuel SCHMITT
Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran
Le livre de Poche



Edit : Je ne reçois aucune commission sur les ventes ou pour la rédaction de ce billet. J'ai payé ma place (comme une grande...) et j'ai adoré (sans qu'on me pousse à le faire...).

lundi 21 mai 2012

W./E : le film « made by Madonna »


“Madonna, vraiment ?”

Autant dire que j’étais sceptique. Madonna restant associée à Like a Virgin, Holiday ou encore Vogue*, je la voyais très mal passer avec succès derrière la caméra… Mais bon, j’avais une réputation de "testeuse de l’extrême" à tenir (souvenez-vous) et, la pluie aidant, j’ai tenté l’aventure… Et je n’ai pas été déçue.

*en revanche la bande-son de la rédaction du billet était toute trouvée...


Wallis, jeune femme New Yorkaise mariée à un éminent psychiatre qui la néglige, se retrouve projetée au fil d’une vente aux enchères dans « la plus belle histoire d’amour du siècle ». Chaque objet exposé se fait bientôt émissaire entre ses mains de la romance sulfureuse et tourmentée qui unit Wallis Simpson à Edward VIII d’Angleterre.




















W./E est un très beau film, esthétiquement parlant. L’époque, le luxe inhérents au milieu dont sont issus les protagonistes rendent au décor suranné ses lettres de noblesse. Un jeu intéressant s’installe entre les objets inanimés alignés dans les vitrines, vidés de toute leur substance et les souvenirs auxquels ils font corps. Les coupes soudain remplies passent à nouveau de mains en mains, les cadeaux du prince regagnent le secret des écrins et les nappes les tables royales.
Le dialogue qui s’instaure entre la vie de la jeune femme et celle du personnage légendaire dont elle porte le nom permet une parfaite continuité entre les scènes venues du passé et celles de son quotidien non moins tourmenté. Quelques dates parsemant les flash-back terminent de guider le spectateur dans la narration habilement menée pour le laisser toujours dans l’expectative du prochain épisode qui permettra de soulever un peu plus le voile de calque dont l’histoire a entouré le couple « mythique ».


Les dialogues finalement assez rares laissent toute la place à une bande-son qui fait beaucoup à la poésie du film. Les scènes s’enchaînent avec un rare naturel malgré l’entremêlement de passé et présent. W./E tient sûrement sa force de la sensibilité crue avec laquelle il livre chacune des étapes qui mena Wallis Simpson et Edward VIII à l’exil, narrant une toute autre version de leur histoire que celle apparue au fil de The King’s speech*. Le rang des personnages empêchant les « débordements affectifs », c’est tout en finesse que leur attachement croissant passe d’un simple regard à un geste de la main… Pas de mièvrerie, guimauve, bons sentiments fades et déclarations brûlantes, déchirantes et pathétiques, le film de Madonna dédaigne le drame romantique larmoyant pour un film subtil et incisif qui donne sa place à l’émotion sans s’y noyer, à la tristesse sans s’y complaire, à l’amour sans l’embellir.

*Le discours d’un roi


Cependant, ce très beau film n’est pas exempt de longueurs qui, ménageant l’attente, n’en sont pas moins à déplorer. De la même manière, certains épisodes de la vie de Wallis Simpson ne font l’objet que de quelques scènes où le spectateur est libre d’interpréter ce qu’il voit presque comme il l’entend sans que lesdites scènes ne soient jamais complétées ou même à nouveau évoquées. En se focalisant sur l’histoire du couple princier, des pans entiers de la vie de la jeune Wallis sont effacés, passés sous silence ce qui ne permet au spectateur que de dresser une esquisse du portrait de la jeune femme là où il aurait voulu avoir un portrait aux traits nets. Ce point est d’autant plus regrettable que le film prend le parti de narrer l’histoire du point de vue de la maîtresse, replaçant Wallis au centre de leur histoire pour tenter de montrer que, si Edward VIII en renonçant à son trône pour vivre avec elle a concédé à un immense sacrifice, Mrs Simpson n’en a pas moins renoncé à sa vie, sa liberté et sa réputation pour l’homme qu’elle aimait. Néanmoins, cela m’a rendue curieuse de compléter le puzzle formé par son histoire et déjà quelques livres figurent en bonne place pour apporter les pièces manquantes.


En définitive, même s’il n’est pas parfait, le film de Madonna reste une très bonne surprise que je vous conseille (en ces temps de réductions sur les places de cinéma… merci au Festival de Cannes) et qui vous fera passer un délicieux moment empreint d’une poésie amère.

Les réels Wallis Simpson et Edward VIII

dimanche 15 avril 2012

Entre l'odeur de miel et celle de poirier.


C’est une ruelle en contrebas de l’avenue surchargée. Le bitume y est abîmé, les haies mangent la chaussée et une valse d’appels de phares, d’accélérations et de freinages brusques rythment son trafic buté.
Là, sur la gauche, une maison aux plates bandes parfaitement découpées, une avancée à la manière des cottages anglais et quelques fleurs qui dégoulinent sur l’avant-toit. Les jeunes filles qui chaque matin empruntent ce chemin salivent devant le portail fraîchement repeint, le vert anis des volets qui dévoilent un salon, une rangée de livres, une lampe de chevet, un cocon. Même les garçons se tiennent en respect mais tous restent sur leur faim, la caméra veille, la curiosité est suspecte, déjà il faut détourner la tête. Si l’on avance encore un peu, c’est une maison de poupée entourée d’hortensias du même rose pâle que les margelles qui offre aux passants son poétique spectacle. Avant encore un peu, une maison grise et vert sapin. Là, plus loin, la haute stature de la bâtisse au crépi rouille, une treille qui porte les troncs noueux de glycines enlacées qui, une fois l’an, se parent de leurs gerbes mauves pour ombrager la table et les chaises réservées à l’heure du thé.

Le paysage est si familier, le pied évite les creux parsemés sur le chemin douloureusement partagé avec les automobilistes pressés. Ces quelques mètres protégés perdent presque leur beauté derrière le calque de la routine qui transformerait même les cadences parfaites en ritournelle désuète. Les jours maussades, les jours de pluie, un instinct, un reflexe plus qu’une réelle attention retiennent le pas preste, appellent à la prudence. Chacun marque des arrêts discrets, se tient à distance des flaques dans lesquelles tombent avec allégresses les roues agacées. Les gerbes éloignées, la danse reprend doucement. Il se passe des mois où, les yeux rivés au sol, rien ne vient perturber le chemin routinier. Peut-être la neige arrive-t-elle à raviver quelque peu l’éclat, redorer le blason mais bien vite les dos reprennent leur allure voûtée, les pieds s’emballent et la course redevient ignorante de l’endroit.

Puis, soudain, la tonalité change, quelques effluves rappellent à la curiosité gourmande antérieure. Les dos se redressent et les yeux s’écarquillent. L’oreille se tend, les narines se déploient. On ne sait pas très bien d’où provient cet effluve mystérieux. Il se devine aux confins de l’allée, se dessine à mesure que l’impasse s’éloigne, s’affirme devant le muret défraîchi, s’estompe et s’éloigne une fois la haie dépassée. Plus d’une fois il faut revenir sur ces pas pour humer le parfum délicieux et emprisonner en son nez le souvenir merveilleux. Est-ce en avril ? Est-ce en mai ? Cela ressemble à l’odeur des fleurs des pruniers mais non, décidément, ce n’est pas cela. Un prunier, c’est trop banal, tout le monde sait reconnaître un prunier, le tronc tortueux puis les fruits éclaffés qui attirent les guêpes assoiffées. Et puis d’abord il est bien trop tôt pour songer aux tartes sucrées. Déjà le pied s’aventure trop avant, il faut reculer. Serait-ce du thé ? Oui, une fine odeur d’Earl Grey, une pointe de miel et de fleur d’oranger, un soupçon de poire, non pas autant, une pointe, une trace infime, juste une touche légère et délicate, un indice qui se ne révèlerait qu’après plusieurs inspirations. Voilà. Le juste dosage au cœur de l’alchimie parfaite. L’œuvre d’un orfèvre, d’un grand maître enchanteur s’épanouit dans la fraîcheur matinale et offre ses plus belles heures aux travailleurs de l’aurore. Elle étouffe à quatre heures et s’endort à la nuit. Chaque année, peut-être en avril, peut-être en mai, elle réveille les habitants de l’allée. Puis, son ouvrage achevé, elle s’en va à pas mesurés.

Tu m’as demandé où il me plairait de me trouver, je peux maintenant répondre sans hésiter : là, juste au coin de l’allée, entre l’odeur de miel et celle de poirier.

dimanche 11 mars 2012

Le dimanche coocooning tout doux des petits porte-monnaie pour moins de… 5€ !


Il y a de cela, quoi, un mois déjà (!?!), nous partions pour une course contre la montre, armées d’un gant, un coton entre les dents, la bouilloire à la main, le sachet de thé dégainé et le visage façon « tante-marge-a-sorti-son-masque-tout-vert-qui-sent-mauvais-et-qui-effraie-les-petits-enfants »… C’était l’hiver, on rentrait du ski, il faisait nuit à 17h, on avait l’impression de toujours courir après le dernier train… Maintenant que le printemps pointe le bout de son nez, l’effervescence est un peu retombée (chouette !), sauf que comme dans nos assiettes, le porte-monnaie c’est lui aussi mis à la diète. Allez, on monte le curseur, vous m’offrez 5 minutes de plus contre quoi, je vous concocte un petit programme tout léger pour un peu moins de 5€ (et encore je suis large…)

Tout commence toujours dans la cuisine, c’est une règle d’or… Oui, parce qu’une belle peau c’est aussi des papilles qui frétillent alors, hop, on a pris le réflexe, on choppe la bouilloire et on met l’eau à chauffer.
Oui, sauf que Mademoiselle en a marre du thé…
Allez, je ne résiste pas, un citron chaud pour Madame s’il-vous-plaît… Le plein de vitamine C délayé dans du miel, le mélange idéal pour dire gentiment au revoir à l’hiver et redonner de l’éclat à la mine un peu terne.
Le petit plus : on mélange le jus du citron avec le miel avant de verser l’eau bouillante… le résultat sera juste acidulé comme on aime… (et pour plus de détails, c’est par ici...)

On laisse reposer sur le buffet, on sort quelques biscuits et on patiente un peu...
La pause c’est pour après l’étape 2.

 

Allez, ici commencent les choses sérieuses. Là encore, on est rôdées, l’hiver et son empressement saccadé nous ont donné le geste rapide : démaquillage des yeux, du visage, on nettoie le tout avec notre petit gel nettoyant habituel, notre chouchou qui fait tout, on sort la plus douce des serviettes éponges et les préparatifs, c’est (déjà) du passé.

Comme d’habitude, le clou du spectacle, c’est le masque… Encore un qui fait (presque) tout tient (mais on ne résiste pas à l'appel du gommage)… Alors attention, en exclusivité, LE masque à 0.57 centime pièce : Le Masque Peel-off de la gamme Monoprix pour le visage… Non, ne partez pas ! Vous allez voir, on peut aussi trouver de petites merveilles chez monoprix

C’est grâce à Mademoiselle Coquelicot qui en avait parlé à la fin de l’été (son billet, c'est par ici ^^) que j’ai découvert cet ovni de la planète Monoprix. Il avait l’air sympa ce petit produit, et puis, pour 1.14 les deux doses, pourquoi se priver ? Au pire, une vague déception qui serait vite oubliée… J’ai donc acheté les curieuses petites bêtes roses bien décidée à les tester. Mais il faut croire que le dieu préjugé n’était pas dans ses bons jours car ce n’est que tout récemment que je me suis enfin lancée et là, stupeur, j’ai adoré (au point d’avoir racheté, réitéré et adopté) !

• Le fait qu’il soit transparent. TRANS-PA-RENT. Finie la demie heure passée cloîtrée dans la salle de bain où l’on tourne façon ‘bon, ben, j’ai qu’à me faire les ongles en attendant… ou lire un livre, un magazine…’ : vous pouvez vaquer à vos occupations comme si de rien était sans trembler sous la menace du facteur qui sonne pour un coli (le dimanche en même temps pour êtes plutôt tranquille de ce côté-là) ou celle, pire encore, du voisin sexy à qui il manque toujours du sucre/de la farine/des œufs au moment pile où vous vous êtes transformée en monstre vert de l’espace…

• Je disais donc, qu’il est Transparent (je me répète, mais c’est important le problème du voisin sexy non ?), donc doué d’une certaine franchise. Il ne vous fait pas nourrir le fol espoir que ses petits camarades opaques entretiennent à l’envie : il ne s’agit pas d’un outil Photoshop fait réalité, pas de baguette magique par ici, vous avez le plein accès à ce qui se déroule sous sa couverture protectrice.

• Le fait que ce soit un TRES bon produit (oui, je confirme, et pourtant croyez-moi j’étais vraiment réticente… comme si, aussi peu cher, il y avait forcément un piège) : la peau est toute fraîche, éclaircie, nette, matifiée… parée pour démarrer la semaine du bon pied.

• La texture gel toute fraîche qui, en plus d’être très facile à appliquer, à une merveilleuse odeur de thé vert mentholé (bon d’accord, pas sûre que ce soit super naturel tout ça, mais c’est agréable quand même).

• La quantité, parfaitement adaptée (et pourtant je suis du genre à TAR-TI-NER).

• Le petit plus « hygiène » : on ouvre, on tartine, on jette. Pas de pot dans lequel plonger goulûment ses doigts au risque de contaminer tout le reste du produit….

• Le côté très ludique du peeling avec la fameuse étape du « on retire le tout en soulevant la fine pellicule parfaitement sèche depuis le menton jusqu’en haut du front ». Ce petit détail a sûrement de hautes vertus psychologiques : on l’impression de se débarrasser « physiquement » des résidus de pollution, poussière et autres indésirables qui élisent périodiquement domicile sur notre épiderme…

Le prix. Sur ce point là, je crois que tout le monde sera d’accord, il est imbattable le masque monop’, non ? (ceci est un appel « caché », tous vos bons plans dans les commentaires ^^)

• Comme on les achète par deux doses, on peut changer, selon l’humeur, tester d’autres choses… (ce que je suis en train de faire, je reviens vite vous en parler…)

• Et enfin, le petit miracle des unidoses : le SEUL masque au monde qui vous recommande de le déposer en couche FINE… (même si pour ma part, il m’en est toujours resté un peu à répartir en excès de-ci delà pour dire de ne pas « gâcher »)


• Bon, ça n’est pas bio. En même temps, sur mon visage, j’ai encore du mal à trouver des produits bio ET efficaces pour mon type de peau…

• Il faut ABSOLUMENT porter un bandeau sous peine de se battre ensuite contre tous les petits résidus collants amourachés de vos plus fins cheveux…

• L’impossibilité « d’accentuer » sur les zones délicates… avec tous les autres, c’était un réflexe : on commence là où ça fait mal, une bonne grosse couche puis on comble les espaces. Si vous souhaitez pouvoir un jour enlever le tout d’un seul coup d’un seul, oubliez cette idée… là où vous en aurez trop mis, ça ne sera pas sec et donc les zones cruciales ne bénéficieront pas de tout l’effet peeling…

On laisse poser, tout ça ? Mais c’est que le citron chaud nous attend par là-bas, non ?

On retire le masque depuis le bas, en décollant gentiment la pellicule et en tirant vers le haut. Hop, un peu de lotion sur un coton (mon coup de cœur du moment : la solution Micellaire version Sebum de Bioderma… un peu moins de 4€, je crois, le flacon voyage de 100 mL... mais je reviens vite vous en parler), un peu de crème pour hydrater tout ça et c’est fait, notre deuxième dimanche coocooning partagé est terminé.

mercredi 7 mars 2012

Extrêmement près, incroyablement fort : Un film pour les amoureux des balançoires


En sortant, la salle encore plongée dans l’obscurité, quelques dernières dégoulinures aux coins des yeux se battaient en duel serré avec un sourire non dissimulé. Déjà les graines essaimées par ces quelques deux heures empreintes d’une poésie toute à la fois poignante et enveloppante semblaient vouloir germer et quelques embryons de phrases se former. Des adjectifs, beaucoup de superlatifs, s’égrenaient en enfilades désordonnées, matière première à l’envie irrépressible de déverser ce trop plein de « trop » très justement dans un réceptacle, quelque fut-il. Pourtant, chaque mot qui s’ajoutait à la lourde liste trop vite constituée ne faisait que m’éloigner un peu plus de ce film qui, aux confins des émotions les plus vives, a su canaliser ce flot inextinguible pour ne pas submerger le spectateur mais au contraire, l’imprégner doucement de son incroyable profondeur. Caressant la tristesse, flirtant avec la mélancolie, renouant avec la joie, la palette qui se dessine revêt toutes les tonalités et ne recule devant aucun compromis aussi insensé parfois sembla-t-il. La sincérité qui déborde comme l’eau d’un plat oublié trop longtemps dans l’évier, l’espoir qui fleurit partout, à chaque pas, dans chaque regard, à chaque seconde de cette incroyable course aux indices, donne toute sa force à cette histoire qui avait pourtant tous les atouts par ailleurs pour se présenter au premier rang du mélodrame annoncé. Il n’en est pourtant rien.


Ce garçon si singulier, ingénieux, incroyablement sensible et terriblement intelligent, armé de cette franchise que seul le courage insouciant des plus jeunes années peut conférer, porte sur ces épaules cette quête « initiatique » à la recherche de ce dernier message laissé par son père. Un voyage pour accepter de laisser partir ce père si exceptionnel, lâcher sa main et trouver la manière de continuer à avancer sans sa présence rassurante toujours à ses côtés.


Cette clé, il en est certain, est la dernière course au trésor qu’il partagera avec son père. Il lui faut seulement trouver cette serrure qui lui offrira cet ultime rendez-vous manqué, « ses huit minutes » comme seul moyen de lui dire un adieu auquel il n’avait pas la force de concéder.


Le réalisateur a su donner à chacun de ses personnages la spontanéité nécessaire à nous laisser croire à son relief. Pas d’attaches à la guimauve juste beaucoup d'amour, d’humour et d’authenticité. Cette petite étincelle qui fait toute la différence.


Doucement l’histoire vous fait sienne et vous emmène, comme un enfant, à la suite de ce petit bonhomme qui vous semblera souvent déjà bien grand. Un film qui vous donnera envie de goûter à la légèreté de quelques minutes sur une balançoire de Central Park.

Un film incroyablement vrai, incroyablement juste avant d’être incroyablement fort.


dimanche 4 mars 2012

« Chère… » : c’est comme ça que cela commençait je crois


Tes questions ont trotté, sauté de flaques en flaques avec adresse, éclaboussant au passage quelques aprioris. Sauf que mon attention qui à ce genre d’exercices n’avait pas leur folle assurance les a vite perdues, dans leur course désordonnée, avec les réponses qu’elles laissaient parfois échapper par mégarde de leur tablier. Et puis, doucement, j’ai repris le fil tissé par leur hâte joyeuse, tirant gentiment sur les détours délicats, pour cueillir une à une ces petites perles aux frimousses rieuses qui, jetées au hasard sur le chemin, me demandaient toutes un sourire malicieux sur les lèvres, les sourcils en accent circonflexe et leurs épaules négligemment haussées : « ça serait bien de faire connaissance, tu ne crois pas ? ». Mesmerisée par leur charme fallacieux, je me penchais bientôt vers les oreilles délicates pour confier dans de vagues chuchotis gardés bien à l’abri derrière ma paume protectrice, ultime rempart d’une plus large diffusion, les confidences espérées par leur trépignante curiosité.

Les mots ne savaient plus très bien où reprendre leur danse, ils virevoltaient épars, distillant avec patience les syllabes, butinant sur les voyelles, dans une allègre cacophonie. Il fallait pourtant bien remettre un peu d’ordre dans cette joyeuse fanfare pour ne pas perdre les fées qui, je le soupçonnais, commençaient à s’impatienter. Un brin paresseux, le premier son bouda sa sortie puis tous les autres accoururent pour prendre part à la bruyante comédie : les réponses avaient trouvé leurs héros, leurs costumes et la pièce à laquelle elles prenaient part, les trois coups déjà retentissaient, le rideau pouvait se lever.

Aucun enfant ne court donc encore par ici, tu vois. Leur train n’est pas arrivé en gare, leur billet non composté patiente, d’autres sont sur le départ mais ils ne font pas partie de ce groupe-ci. Peut-être attendent-ils déjà sur un quai, là-bas. Un jour, la sonnette retentira et ils débarqueront dans un désordre gai et terrifiant à la fois. Les aiguilles tournent cependant à leur guise, la perspective est lointaine, de ces horizons diffus vers lesquels on ose à peine pointer l’index. L'une des fées sourit et me proposa sa longue vue. Je déclinais. J’aime cette insouciante illusion d’infini, l’impression diffuse que tout ceci appartient à une autre vie, d’autres expériences, d’autres défis qu’une personne me ressemblant en apparence aura le talent et le courage de relever. Mes épaules ne sont pour l’heure pas assez larges je crois et mes bras trop peu musclés.

Bientôt une autre d’entre elles, plus téméraire que ses camarades sagement assises que je tenais momentanément suspendues à mes lèvres, leva ses yeux pétillants vers moi et lança d’une voix clairette : « Mais, quel est ton plus gros défaut ? - Elle marqua une pause, soudain hésitante et rougissante - Dans une armoire fermée soigneusement à clé, sur le plus haut des tablars, il y a une boîte au fond de laquelle j’ai caché tous ces défauts que je ne voulais faire voir. Tu as une boîte comme ça, toi ? »

J’acquiesçai. Une boîte enfouie sous de vieux pulls difformes pour se draper confortablement au moment douloureux où il fallait se résoudre à ouvrir le couvercle. Plutôt qu’un seul chevalier portant fièrement l’étendard d’un coupable penchant, un rang turbulent arriva sans s’annoncer, semant la pagaille sur son passage. Je me trouvais bien embêtée face à tous ces visages farceurs, se chamaillant pour une couronne de carton pâte qui indéfiniment passait de mains en mains. Cette petite cour qui s’agitait soudain, conjonction de sarbacanes et de fléchettes, rejouait sous mes yeux amusés la comédie de mes propres faiblesses. Désespérant d’en voir jamais un prendre la place sur le trône, désireuse que j’étais de le livrer à l’opprobre, je m’approchais d’un peu plus près. Une main résolument plaquée sur mes yeux craintifs, j’observais la foule à travers un unique interstice dessiné par l’index et le majeur. Après quelques minutes de cette laborieuse recherche, un bonnet d’âne un peu plus enfoncé que les autres finit par attirer mon regard fuyant. Le petit bonhomme portait une guitare, des cheveux bouclés aux épaules, rêveur, je le soupçonnais d’être en pleine composition… La lumière se fit avec les premières notes. Des mélodies que je pouvais fredonner sans peine, de jolies phrases qui se déliaient avec adresse, des sonorités qui résonnaient sans mal et se réverbéraient en de tendres mélopées, fragiles et fugaces.

« Ma propension à vouloir croire que l’on peut vivre dans une chanson de Francis Cabrel, un de ces mondes où les couplets tournent ronds et les mots collent à la pensée avec une infinie justesse. Les sentiments se font soudain limpides, on se surprend même à prononcer le mot éternel autrement que dans un soupir utopique, les déclarations tissées d’une fine délicatesse attirent notre plus tendre attention plutôt que le dédain désabusé auxquelles elles sont habituées. Les promesses en La majeur trouvent une autre portée que les bennes soudain désertées, les convictions se font tangibles, inébranlables et donnent à elles seules le courage et la poigne nécessaires à les défendre. La facilité avec laquelle ma main s’abandonne dès que les premières notes au piano retentissent marque l’abdication déclarée. »

Je t’imagine sans peine sourire à la lecture de ces quelques lignes, soupirer même peut-être face à ce qui peut sembler une habile esquive. Il est vrai qu’à côté des éternels Orgueil, Envie ou Jalousie, celui-ci fait office de miettes jetées distraitement aux oiseaux sur le rebord d’une fenêtre. Un bref croquis d’une observation gênée par le trou d’une serrure résolument grippée. Existât-il un monde où je puisse penser que la Gourmandise fut un défaut que, sans hésitation, c’est cette illustre figure du Panthéon de la faiblesse humaine que j’aurais fièrement hissé jusqu’à la consécration. Cependant, une vie sans chantilly ne se ferait-elle pas moins douce ?

Il me faut pourtant conclure sur des points de suspension, déjà les fées sont dissipées et leurs questions s’emmêlent. Il me tarde pourtant de reprendre la plume. Les occasions de rédiger des missives sont bien rares aujourd’hui (ère de la modernité), peut-être ne fais-je que tenter de préserver un peu ce capital et la perspective d’autres lettres encore à cacheter de cire.

Merci pour cet entretien singulier,

Belle soirée à toi !




Ce billet a été rédigé en réponse à deux des onze questions posées par Laeti (dont je vous invite à redécouvrir l’univers coloré par ici) dans le cadre d’un « tag »…
* 1, 2, 3 enfants ou plus ?
* Ton plus gros défaut, celui que tu tentes coûte que coûte de cacher ?
Je ne peux que vous inviter à vous adonner vous aussi à l’exercice ("ensemble, réhabilitons l'art épistolaire" : on croirait presque entendre un message du ministère de la culture non ?), je serai ravie de lire votre prose ici dans les commentaires, ou dans les billets que celui-ci vous aura inspiré… Et si la « formule » vous plaît, rendez-vous pour les réponses aux quelques 9 autres questions qui murissent encore…

Encore merci à Laeti pour sa si gentille invitation à l’écriture.